Un message un soir
Il m’a écrit.
Il a vingt et un ans.
Il n’a pas son CESS.
Il ne sait pas très bien ce qu’il veut faire de sa vie.
Souvent, je le vois absorbé par son téléphone, à regarder des vidéos courtes qui s’enchaînent sans fin.
En juillet, il m’a accompagné au Sénégal, dans le cadre de Doxandem.
Je sais que cette expérience l’a marqué.
Son message dit :
« je repense souvent au sénégal je me rend compte que c’était un des seuls moment où j’étais en mode full relax bien entouré, la j’ai eu un repas de famille avec simon ma mère etc je pensais à charles et toi quand on buvait un verre sur la plage et putain j’avais vraiment envie de ça »
Je l’ai relu plusieurs fois.
Il ne parle pas d’un projet.
Il ne parle pas d’avenir.
Il ne dit pas qu’il veut revenir.
Il parle d’un moment.
“Full relax.”
“Bien entouré.”
“Vraiment envie de ça.”
Ce qu’il nomme, ce n’est pas un pays.
C’est une sensation.
Je me demande ce qu’il cherche exactement en m’écrivant.
Un conseil ?
Une validation ?
Une permission ?
Je ne sais pas trop quoi lui répondre, si ce n’est qu’il est le bienvenu à Palmarin.
Mais est-ce que l’on répond à un manque en proposant un lieu ?
Est-ce que l’on répond à une nostalgie en rouvrant la scène ?
Je repense à juillet.
À ce que lui a peut-être perçu.
À ce qu’il a vécu là-bas, et qu’il ne retrouve pas ici.
Il dit qu’il avait “vraiment envie de ça”.
Comme si ce “ça” était devenu une mesure.
Je sens que sa phrase me touche.
Peut-être parce qu’elle confirme que quelque chose de réel a eu lieu.
Peut-être aussi parce qu’elle me place dans une position inconfortable.
Je ne veux pas être une échappatoire.
Je ne veux pas non plus refermer la porte.
Alors je reste là, avec son message ouvert.
Et cette hésitation qui ne se résout pas tout à fait.
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